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Hygiène - Propreté - Environnement

L'Union Européenne s'est engagée dès 1967 dans la prévention du risque chimique

L'action entreprise par la Communauté européenne dans le domaine des produits chimiques s'inscrit dans un processus continu entamé de longue date, la première directive relative à la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses datant de 1967.L'action communautaire a deux objectifs principaux :

  • la libre circulation des produits chimiques à l'intérieur de la Communauté ;
  • la protection de la santé et de la sécurité humaine et animale, ainsi que la protection de l'environnement, qui a acquis une importance croissante ces dernières années.

Les mesures communautaires harmonisent les dispositions en matière de sécurité et de protection de la santé et de l'environnement et assurent en conséquence la libre circulation des produits chimiques. Les mesures de la Communauté fonctionnent sur le principe de la nécessité de trouver un juste équilibre entre d'une part la protection environnementale et la protection de la santé des consommateurs et d'autre part, la compétitivité de l'industrie chimique européenne.
La Communauté a abordé, dans un premier temps, deux sujets prioritaires ;

  • la mise sur le marché et l'emploi des substances et préparations dangereuses de façon à interdire certains produits tels que l'amiante et des substances cancérigènes et à imposer des limitations sur l'usage d'autres produits comme le nickel et le benzyène (directive 76/769/CEE) ;
  • la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances et préparations dangereuses. Les deux directives 67/548/CEE (substances) et 1999/45/CE (préparations) ont imposé des mesures strictes sur la classification, l'emballage et l'étiquetage afin de protéger la santé humaine, animale et l'environnement.

Ultérieurement, des dispositions spécifiques ont été adoptées en relation avec les produits biocides et les engrais . Ils font l'objet de directives spécifiques qui visent, entre autres, à établir un système d'autorisation et d'évaluation des risques ainsi que des mesures concernant l'identification et l'emballage.
La Communauté a également élaboré une stratégie thématique visant à réduire l'impact des pesticides sur la santé humaine et sur l'environnement. Son objectif général est de parvenir à une utilisation plus durable des pesticides et à une réduction globale sensible des risques et des usages, tout en assurant la protection nécessaire des cultures.
Par ailleurs, afin d'assurer une protection plus complète, il existe une série de mesures concernant le contrôle des risques, y compris le règlement sur l'évaluation et le contrôle des risques et la directive concernant les accidents majeurs impliquant des substances dangereuses. À cette fin, il existe également deux directives en matière d'essais sur les substances chimiques ; les principes de bonnes pratiques de laboratoire et la vérification de l'application de ces pratiques.
Les importations et les exportations de certains produits chimiques dangereux sont soumis à des contrôles communautaires et internationaux. La Communauté a signé, en 1998, la convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause applicable à l'exportation et l'importation de certains produits chimiques et pesticides dangereux. Le règlement (CE) n° 304/2003 du 7 juillet 2003 met en œuvre les dispositions de la convention de Rotterdam au sein de la Communauté européenne et assure l'adoption des mesures exigées par la convention, certaines dispositions allant même au-delà des exigences de la convention.
Ces dernières années ont vu un intérêt croissant concernant la protection environnementale ainsi que l'arrivée de quelques nouveaux phénomènes et préoccupations inquiétants pour l'environnement et la santé humaine et animale, tels que les perturbateurs endocriniens. En réponse à ce problème, la Commission a présenté le 20 décembre 1999, suite à la demande du Conseil, une communication au Conseil et au Parlement européen sur une stratégie concernant les perturbateurs endocriniens. La stratégie aborde le problème provoqué par un groupe de substances, souvent synthétiques, soupçonnées de perturber le système endocrinien des organismes, c'est-à-dire le développement, la reproduction et la santé des êtres humaines et des animaux. Les produits chimiques constituent une source majeure de perturbateurs endocriniens et la stratégie vise à identifier les causes du problème, les conséquences et les solutions possibles en termes d'actions politiques nécessaires. Elle aura des conséquences pour la législation dans le domaine des produits chimiques, qui, jusqu'à maintenant, n'aborde pas ce problème majeur.
La pollution par des produits chimiques est souvent un problème transfrontalier qui exige une action au niveau international. La Convention internationale, dite de Stockholm, sur les polluants organiques persistants (POP), signée par la Communauté en 2001, aborde une nouvelle préoccupation pour la santé humaine et animale et l'environnement, à savoir le problème des effets néfastes des produits chimiques qui s'accumulent dans les organismes vivants et l'écosystème et qui sont particulièrement résistants à la dégradation. En visant à limiter ou éliminer la production et l'utilisation de 12 POP prioritaires, cette convention représente un premier pas important dans la lutte contre les effets nuisibles de ces polluants. La Commission a aussi agi de manière plus spécifique au niveau communautaire par rapport à ce problème. Elle a adopté, en octobre 2001, une stratégie communautaire pour limiter la présence dans l'environnement de trois groupes de POP : les dioxines, les furannes et les polychlorobiphényles. La Commission a également présenté en juin 2003 une proposition de règlement relatif aux POP. Celui-ci vise à compléter la législation déjà abondante de l'UE en la matière et témoigne de l'ambition d'aller au-delà des obligations internationales.
Les nouveaux défis ainsi que les lacunes des mesures existantes qui, tout en offrant un niveau élevé de protection et d'harmonisation, représentent un surcroît de travail et ne prévoient pas à tous les risques, rendent nécessaire une nouvelle approche ou stratégie globale en matière de produits chimiques
Suite à la publication d'un rapport d'évaluation sur l'application des mesures de base dans le domaine des produits chimiques en 1998, l'arrivée des nouveaux défis et l'établissement des nouvelles approches dans le domaine de l'environnement, particulièrement le concept de développement durable, le Conseil, lors du Conseil informel de Weimer 7-9 mai 1999, a invité la Commission à présenter notamment une nouvelle stratégie dans le secteur chimique pour la fin 2000. La nouvelle stratégie a été adoptée en février 2001. Dans ce cadre, le Parlement européen et le Conseil ont présenté, en octobre 2003, une proposition de règlement concernant l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH) et instituant une agence européenne des produits chimiques. REACH engagerait les entreprises qui fabriquent et importent des produits chimiques à évaluer les risques résultant de leur utilisation et à prendre les mesures nécessaires pour gérer tout risque identifié. La charge de la preuve que la sécurité des produits chimiques commercialisés est assurée serait renversée et passerait des autorités publiques à l'industrie. Le règlement proposé a pour principal objectif d'améliorer la protection de la santé humaine et de l'environnement tout en maintenant la compétitivité et en renforçant l'esprit d'innovation de l'industrie chimique européenne.


Document mis en ligne en janvier 2006



 


 
   
 
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