Fonction publique, les enjeux de
la prévention.
Où en est-on un an après l'accord du 20 novembre 2009
Aujourd’hui,
les questions de santé sécurité au travail
dans les trois versants de la Fonction publique (d’Etat, territoriale
et hospitalière) deviennent prépondérantes,
face à des éléments comme le vieillissement
du personnel et les conséquences des réformes de l’Etat
et des collectivités territoriales sur les organisations
et les conditions de travail des agents.
Il y a un peu plus d’un an, un accord sur la santé
et la sécurité au travail dans la Fonction publique
a été signé (le 20 novembre 2009) par sept
des huit organisations syndicales (Solidaire n’a pas signé)
et par l’ensemble des représentants des employeurs.
Cet accord part du principe que l’amélioration des
conditions de travail constitue un enjeu essentiel de la rénovation
de la politique des ressources humaines et des relations sociales.
Il est le résultat de nombreuses discussions qui remontent
à l'automne 2007 sous l'égide d'Eric Woerth, alors
ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique.
Ce dernier souhaitait une meilleure prise en compte de la problématique
de la santé au travail. Cet accord concerne plus de cinq
millions d’agents titulaires et contractuels de la Fonction
publique.
On voit donc, avec la signature de ce texte, un nouvel intérêt
pour les conditions de travail, les questions de santé, sécurité
et hygiène. Mais qu’en est-il actuellement au sein
des différentes branches de la Fonction publique. Avant de
traiter cette question, revenons aux termes de l’accord.
Les dispositions du 20 novembre 2009 : un programme en
trois axes
Le texte comprend 15 actions organisées autour de 3 axes
: instances et acteurs opérationnels, prévention des
risques professionnels, dispositifs d’accompagnement des atteintes
à la santé.
Les instances et outils opérationnels en matière de
santé et de sécurité au travail
Le texte prévoit la mise en place d'une fonction
d'observation de la santé et de la sécurité
au travail dans la Fonction publique : instance nationale
dont les missions seront d’exploiter les informations et les
outils méthodologiques existants et de définir les
orientations et les actions en matière d’amélioration
des conditions de travail.
Il prévoit aussi de mettre en place des C.H.S.C.T.
(Comité d’Hygiène, de sécurité
et des conditions de travail), remplaçant les CHS,
et dont les compétences seront étendues aux conditions
de travail. On parle alors en 2009 de seuil de création fixé
à 50 agents. Les CHSCT disposeraient de pouvoirs de contrôle
leur permettant d’enquêter même en l’absence
d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Ils œuvreraient
ainsi dans la prévention des risques en se concertant sur
les plans d’action relatifs aux R.P.S. et en matière
de réalisation du document unique.
L’accord du 20 novembre 2009 propose aussi la rénovation
du réseau des A.C.M.O. et une valorisation de la fonction,
en les transformant notamment en conseillers ou en assistants de
prévention. Le réseau serait structuré en deux
niveaux : un niveau de proximité (assistant de prévention)
et un niveau de coordination (conseiller de prévention).
Toujours dans cette optique de prévention, les collaborateurs
de l’accord ont souligné la nécessité
d’améliorer le fonctionnement du réseau des
inspecteurs en hygiène et sécurité (I.H.S.)
et agents chargés des fonctions d’inspection (A.C.F.I.).
On parle de professionnalisation de leur formation et d’une
réaffirmation du rôle clé de l’inspection
hygiène et sécurité dans le développement
de la culture de prévention de la santé et de la sécurité
au travail.
Enfin le texte évoque le développement de véritables
services de santé au travail et l’amélioration
des conditions d’emploi des médecins de prévention.
Objectifs et outils de prévention des risques professionnels
Suite à la mise en place des outils cités ci-dessus,
l’accord a fixé 6 objectifs principaux :
- L’achèvement de la mise en place généralisée
du Document Unique, rendu obligatoire, ce qui a été
rappelé au cours du mois de février 2010,
- L’évaluation et la prévention des problèmes
de santé liés aux risques psychosociaux, en proposant
des méthodes et des outils d’objectivation et de
prévention des risques psychosociaux,
- L’évaluation et la prévention des troubles
musculo-squelettiques (T.M.S.) L’accord souligne l’intérêt
du recours aux ergonomes dans la prévention des T.M.S.,
- La mise en place d’un suivi médical des risques
cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la
reproduction (C.M.R.) s’inscrivant dans la durée,
- L’extension de l’enquête S.U.M.E.R. (surveillance
médicale des risques professionnels) dans le but de mieux
connaître les situations de travail susceptibles d’avoir
des effets sur la santé,
- L’amélioration de la formation des agents de la
fonction publique dans le but premier de développer la
culture de la prévention à tous les niveaux par
la formation.
Les objectifs sont donc ambitieux et couvrent les préoccupations
qui ont déjà été évoquées
auparavant dans le secteur privé, notamment la place prépondérante
des RPS et des TMS dans les risques au travail. Afin de permettre
la réalisation de ces différents points, l’accord
distingue plusieurs dispositifs d’accompagnement des
atteintes à la santé.
Les dispositifs d’accompagnement des atteintes à la
santé
La première action envisagée est l’amélioration
du fonctionnement des instances médicales. Celle-ci
passe par une amélioration de la formation des médecins
agréés au droit de la fonction publique siégeant
au sein des comités médicaux et des commissions de
réforme ; des médecins experts ; des représentants
du personnel.
L’accord souhaite mettre en place une mission sur l’évolution
du régime de l’imputabilité au service des accidents
et des maladies professionnelles.
Une meilleure gestion du régime de l’invalidité
des fonctionnaires et du versement de la rémunération
de l’agent en cas d’atteinte à sa santé est souhaitée. La retraite pour invalidité
devra être considérée comme un dernier recours
et le reclassement devra être prioritairement envisagé
et privilégié. Il faudra, de plus, étendre
le bénéfice du maintien du demi-traitement à
tous les cas d’attente d’une décision de l’administration
à compter de l’expiration des droits statutaires à
congé des agents.
Enfin l’acte prévoit le développement
des données chiffrées relatives aux congés
pour raison de santé afin d’alimenter les
indicateurs relatifs aux conditions de travail.
Un accord facteur d’avancées
L’instauration d’un dialogue constructif en
matière de prévention
Le premier effet positif de la mise en place de cet accord a été
de donner naissance à une action commune,
à travers l’organisation de réunions et de débats.
L’occasion de développer une culture du dialogue local
et de placer autour d’une table tous les acteurs des fonctions
publiques : employeurs, représentants du personnel et organisations
syndicales. Ce rassemblement permet de responsabiliser les
employeurs sur les problèmes rencontrés par les employés
de la Fonction publique.
Le terrain était favorable : ces dernières années
sont apparus un certain nombre de facteurs encourageant l’instauration
d’un dialogue dans la sphère publique. La sensibilisation
à la santé et sécurité au travail dans
la sphère privée s’est accrue. Les problèmes
de mal-être au travail, les vagues de suicides rencontrées
au sein de grandes entreprises nationales ont confirmé la
nécessité d’élaborer un programme de
prévention dans le secteur public. Secteur public qui a pu
apparaître parfois moins actif que le secteur privé
en matière de prévention. Ainsi, le rapport Lachmann,
remis au Ministre François Fillon en Février 2010
intitulé « Bien-être et efficacité au
travail : 10 propositions pour améliorer la santé
psychologique au travail », recommande « vivement qu’un
travail similaire de diagnostic et de propositions soit effectué
pour le secteur public, qui est lui aussi confronté à
des enjeux majeurs de développement du bien-être au
travail ».
Le but à atteindre est donc une harmonisation des
sphères privées et de la Fonction publique,
car aujourd’hui les employeurs d’entreprises privées
ont été plus fortement sensibilisés et responsabilisés
en matière de santé et sécurité au travail.
En conséquence, le dialogue s’est axé sur une
remise à niveaux de ces préoccupations, au bénéfice
des agents de la Fonction publique.
Les conditions de réussites de l’accord
Plus d’un an après la signature de l’accord, les débats sont nombreux quant aux facteurs indispensables
à la réussite de son application. Une des
conditions de l’avancée de la prévention dans
la Fonction publique semble être l’application des bases
existantes dans le secteur privé, notamment en ce qui concerne
l’organisation et le fonctionnement des CHSCT. Il faut en
effet s’appuyer sur des démarches expérimentées
et professionnaliser les acteurs.
La mise en place de ces mesures par l’employeur public pour
la protection de la sécurité et de la santé
des travailleurs, y compris les activités de prévention
des risques professionnels, d'information et de formation, ainsi
que la mise en place d'une organisation et des moyens nécessaires,
doit être conforme à la directive 89/391/CEE du Conseil
de l’Union européenne.
Selon Michel Yahiel, président de l’ANDRH, pour que
l’application de l’accord soit un succès, il
faut :
- Une volonté politique forte des maires, directeurs
d’hôpitaux…,
- Un cadre : les CHSCT certes, mais aussi, pourquoi pas, des réunions
plus techniques,
- Des compétences et des moyens, notamment des médecins,
mais également d’autres professionnels,
- Une évaluation précise de la situation.
Un encadrement plus efficace des problèmes de santé
sécurité au travail
Le premier des grands cadres mis en place suite à l’accord
est le CHSCT.
Le texte prévoit, en effet, un élargissement des missions
des comités d'hygiène et de sécurité
(CHS) aux conditions de travail. Cette modification leur permettra
désormais d'agir notamment contre les risques psychosociaux
et les troubles musculo-squelettiques, deux pathologies en forte
progression dans le monde du travail. Par ailleurs, l’accord
envisage le rapprochement des CHSCT de la Fonction publique de ceux
du secteur privé. La loi du 5 juillet 2010, relative à
la rénovation du dialogue social, traduit en droit les dispositions
de cet accord et notamment la création de CHSCT dès
50 agents, les missions de ces instances et leur composition. Le
décret en préparation viendra donc en application
de cette loi préciser le dispositif. Avant la promulgation
de la loi n° 2010-751 du 5 juillet 2010, seules les collectivités
de plus de 200 agents titulaires devaient se prévaloir d'un
comité d'hygiène et de sécurité (CHS).
Et uniquement si les agents travaillaient dans un ou plusieurs services
comportant des risques professionnels spécifiques par leur
fréquence et leur gravité, notamment en raison de
la nature des missions et des tâches, de l'agencement ou de
l'équipement des locaux. Ces impératifs ne s'appliquaient
pas, en outre, aux services départementaux d'incendie et
de secours (SDIS), où la création du CHS restait obligatoire.
En deçà de ce seuil, les comités techniques
paritaires remplissaient le rôle. Désormais, un comité
d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail (CHSCT) est créé dans les mêmes conditions
que les comités techniques.
Le comité d'hygiène, de sécurité et
des conditions de travail a pour missions :
- De contribuer à la protection de la santé physique
et mentale et de la sécurité des agents dans leur
travail et à l'amélioration des conditions de travail,
- De veiller à l'observation des prescriptions légales
prises en ces matières,
- D'être réuni par son président à
la suite de tout accident mettant en cause l'hygiène ou
la sécurité ou ayant pu entraîner des conséquences
graves,
- D'analyser les risques professionnels auxquels sont exposés
les agents et d'enquêter à l'occasion de tout accident
de service ou de maladie professionnelle,
- De proposer des améliorations sur l'hygiène et
la sécurité du travail et sur la formation des agents
en la matière.
Il est en outre obligatoirement consulté par l'employeur
avant de prendre certaines décisions relatives à l'hygiène
et la sécurité des locaux et à la protection
sanitaire des personnels. Ces avis ne s'imposent pas à l'administration
employeur qui peut finalement prendre des décisions contraires
aux avis rendus.
Agnès Agrafeil-Marry, Adjointe au Chef du bureau des politiques
sociales, DGAFP, rappelait dans le colloque du 16 novembre 2010
à propos de la fonction d'observation de la santé
et de la sécurité au travail dans la Fonction publique
: « Nous créons une instance nouvelle qui assurera
la fonction d’observation de la santé et la
sécurité au travail dans la Fonction Publique. Cette instance prendra la forme d’une formation spécialisée
au sein de l’instance commune aux trois Fonctions Publiques.
Elle suivra notamment la réalisation des DU, l’enquête
SUMER. Elle élaborera le plan de lutte contre les RPS ou
encore l’enquête sur la connaissance des TMS, etc. Cette
instance permettra de mettre en œuvre plusieurs mesures contenues
au sein du 2ème axe de l’accord consacré à
la prévention des risques professionnels. En exploitant les
données collectées, cette instance pourra contribuer
à la définition d’orientations et d’outils
».
Concernant la formation, la DGAFP a déjà présenté
des référentiels (ACMO, IHS, médecins
de prévention, membres de CHS) à la commission centrale
hygiène et sécurité qui seront actualisés
et annexés à la circulaire d’application du
décret. Les membres de CHSCT seront formés à
chaque nouveau mandat, comme le prévoit l’accord. En
ce qui concerne la formation des cadres et des agents chargés
des RH, des travaux sont en cours avec des partenaires (RESP…)
pour identifier les compétences ainsi que les modalités
pédagogiques et diffuser les outils.
Enfin, concernant les difficultés de recrutement des médecins
de prévention, il faut améliorer l’attractivité.
L’accord prévoit l’amélioration des conditions
d’emploi des médecins de prévention, notamment
en offrant la possibilité de recruter par contrat plutôt
que par vacation.
Un bilan plutôt positif avec des inégalités
d'avancement
Un bilan globalement positif de l’application de l’accord
Le comité de suivi de l’accord sur la santé
et la sécurité au travail dans la Fonction publique
organisé le 16 décembre 2010 dresse un constat
positif de la mise en application du texte. Georges TRON, secrétaire
d’Etat chargé de la Fonction publique, souligne la
qualité du dialogue social qui a permis que deux tiers des
actions découlant de cet accord aient été réalisés
ou soient en cours de concrétisation. Pour exemple, la mise
en place d’un suivi médical post-professionnel pour
les agents exposés à des risques CMR, le rappel des
obligations des chefs de service en matière de santé
et sécurité au travail.
Plusieurs groupes de travail se sont constitués et une
quinzaine de réunions s’est déroulée
tout au long de l’année, permettant ainsi
:
- D’accélérer la rédaction du décret
portant création des CHSCT, qui voient leurs compétences
étendues aux conditions de travail. Ceux-ci seront créés
avant la fin de l’année 2011 pour permettre à
environ 250 000 agents d’être couverts par un CHSCT
de proximité,
- D’aller plus loin en matière de prévention
des risques professionnels et de suivi médical des agents
ayant été exposés à des substances
cancérogènes, mutagènes et toxiques pour
la reproduction (CMR). Un décret a institué ce suivi
pour les agents de l’Etat fin 2009,
- D’améliorer les conditions d’emploi des médecins
de prévention, notamment par l’élaboration
d’une lettre de mission, l’établissement d’un
modèle de contrat type, ou encore l’assouplissement
des règles de cumul d’activité. Ces améliorations
permettront de répondre efficacement aux difficultés
de recrutement dans la Fonction publique.
Georges TRON insiste également sur le fait que la mise en
retraite pour invalidité doit être une solution de
dernier recours et rappelle qu’il est possible de faire financer
le maintien dans l’emploi des personnes handicapées
par le FIPHFP. Il précise que des textes ont été
créés pour s’assurer du maintien du régime
indemnitaire pendant les congés maladie et du maintien du
demi-traitement de l’agent dans l’attente d’une
décision de reclassement. Le travail engagé à
permis la rédaction d’une circulaire : elle permettra
de rappeler aux employeurs publics ces modalités.
Le Secrétaire d’Etat annonce enfin la création
d’un groupe de travail, piloté par une personnalité,
pour avancer sur la question de la charge de la preuve en matière
d’accidents de travail ou de maladies professionnelles. En
effet, dans le secteur public, l'agent doit apporter la preuve que
son accident ou sa maladie est la conséquence de son travail
alors que dans le privé, l'employeur est présumé
responsable.
De nombreux rapports, articles, mettent en avant le caractère
positif de cet accord et surtout de ses retombées au mois
de février 2011. Le projet de décret à paraître
dans les prochains mois concernant la santé sécurité
au travail semble comporter des améliorations demandées
par les organisations syndicales, amenant des ajouts au projet de
décret initial proposé lors du conseil supérieur
de la FPE. Ainsi l’augmentation du nombre de séances
par an est portéeà trois au lieu de deux et la création
de secrétaire du CHSCT dans la fonction syndicale a été
approuvée.
Les problèmes soulevés
Si les actions relatives à l’accord sont nombreuses
et aisément décelables, des réserves sont émises
de part et d’autre des signataires de l’accord. Les
besoins de plus grande proximité ou de plus grande prise
en compte de la réalité du terrain ont été
exprimés.
La nécessité de mettre en œuvre un processus
collectif de dialogue social est encouragée pour favoriser
et permettre l’expression des différents acteurs, mais
également pour développer un champ de travail et de
préconisation. Cela suppose toutefois la transparence sur
les objectifs et l’existence de marges de manœuvre.
L’apport d’un « tiers », facilitateur, catalyseur
et/ou en apport d’expertise nécessaire pour poser le
diagnostic, pourrait permettre de lever certains tabous et aider
à la construction d’une démarche globale collective.
Certains protagonistes ont soulevé le problème de
la formation des personnels, à l’instar de Force ouvrière
qui émet une critique sur la formation des membres des CHSCT,
qui sera limitée à cinq jours pour la durée
du mandat (4 ans). Ce qui est trop peu, selon la centrale syndicale.
Des obstacles peuvent aussi être rencontrés de la
part des employeurs. Deux approches peuvent être rencontrées
:
- Celle des employeurs qui n’ont pas attendu les accords pour
faire les choses. Geoffroy Adamczyk, Conseiller technique à
l’Association des Maires de France (AMF) cite le cas de la
ville de Saint-Etienne où des CHSCT ont été
mis en place depuis longtemps,
- Mais parfois, il faut constater une relative indifférence,
voire une connotation négative des démarches à
accomplir, considérées comme « très techniques,
hermétiques, coûteuses ».
Un décalage est donc relevable au sein des différents
corps de la Fonction publique.
Les modalités d'application de ces dispositions nécessitent
un décret d'application. Cependant, ce dispositif ne sera
applicable qu'au lendemain des premières élections
professionnelles qui suivront la parution dudit décret, soit
en 2014, pour la Fonction publique territoriale. Il n'est donc pas
possible, aujourd'hui, pour les collectivités de plus de
50 agents de mettre en place un CHSCT.
Beaucoup reste à faire, d’autant que la médecine
de prévention est dans une situation critique et qu’il
va falloir désormais que la Fonction publique à tous
les niveaux acquière cette culture de la santé au
travail qui lui fait encore largement défaut. Mais la dynamique
est en marche.
Une inégalité des niveaux d’avancement
: l’exemple du DU
Plusieurs éléments peuvent être relevés
afin de dévoiler les inégalités d’avancement
de la mise en place de l’accord dans les Fonctions publiques.
Ainsi, la différence qui existe entre Fonction publique territoriale
et Fonction publique d’Etat quant à la prise de conscience
des enjeux de sécurité et de santé au travail
doit être soulignée. La cause principale en est la
responsabilité pénale des élus, qui les a conduits
depuis longtemps à se préoccuper de ces questions.
Parallèlement, la pénibilité de certaines activités
dans les services d’espaces verts ou encore de traitement
des déchets a déjà incité les collectivités
locales à adapter leurs politiques ressources humaines. Dès
lors, le raisonnement des 60 000 employeurs de la Fonction publique
territoriale est nécessairement différent.
Michel Augris, Conseiller prévention des risques professionnels
au Ministère de l’Education nationale, souligne l’inégalité
d’avancement entre le Ministère de l’Education
nationale, de la jeunesse et de la vie associative et celui de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche à travers l’application
du DU (Document Unique).
Dans l’Education nationale, le DU a été mis
en œuvre dans 31% des collèges et dans plus de 44% des
lycées. Les écoles n’ont pratiquement pas commencé.
Là où il y a des CHS au niveau départemental,
les ¾ se réunissent régulièrement.
Dans l’enseignement supérieur et la recherche, 65%
des 200 établissements ont mis en place le DU et 50% ont
organisé une politique de prévention. L’autonomie
des universités renforce la mobilisation sur le sujet. On
y dispose d’un réseau compétent de 200 professionnels
de la santé-sécurité.
Mais, dans les deux cas, Michel Augris dénonce le manque
d’une politique d’orientation de la prévention.
On peut ainsi considérer que l’accord du 20 novembre
2009 a permis un nombre relativement important de démarches
favorables à l’application des principes de prévention
en santé sécurité au travail. Toutefois, le
secteur public reste en retrait dans l’action de prévention
face à un secteur privé qui l’a déjà
développé.
SOURCES :
- Accord du 20 novembre 2009
www.fonction-publique.gouv.fr/article1570.html?artsuite=0#sommaire_1
- Rapport du comité de suivi du 16 décembre 2010 :
www.budget.gouv.fr/discours-presse/...
- Loi du 5 juillet 2010 :
www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022436528
- Actes de colloque, "Premières rencontres santé
sécurité au travail dans les fonctions publiques").
www.intefp-sstfp.travail.gouv.fr/docs.asp?rub=11
- Article weka La transformation du comité d’hygiène
et de sécurité :
www.weka.fr/actualite/collectivites-territoriales-thematique...
- Article FSU Santé sécurité au travail dans
la fonction Publique : une avancée importante du 26 janvier
2011
/www.fsu.fr/Sante-securite-au-travail-dans-la
- Article Localtis info : Santé et sécurité
au travail, quelles garanties pour les agents ?
www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=...
Documents mis en ligne en février 2011
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