Ergonomie - Aménagement des
espaces de travail
Prévention : la démarche (1/2)
Les paramètres
Un projet de conception réussi se fonde non seulement sur
une connaissance préalable approfondie des besoins exprimés
sur leur poste de travail par les utilisateurs, mais aussi sur le
respect des exigences dans les domaines techniques et réglementaires.
On observe 7 paramètres à prendre en compte dans une démarche
d'aménagement des espaces de travail : accès et circulation,
communications, contraintes de temps, nuisances physiques et chimiques,
informations, manutention
et efforts, dimensionnement et postures. Ces principes sont applicables
dans tous les secteurs d'activité.
Exemples
Posture de travail
La posture est principalement déterminée par : les
caractéristiques et les exigences de la tâche à
effectuer, les contraintes internes (physiologiques, biomécaniques
pour conserver l'équilibre) et les caractéristiques
de l'environnement.
Aucune posture de travail n'est "neutre". Une "mauvaise"
posture (torsions du corps, inclinaisons, déséquilibre)
n'est pas adoptée "librement" par l'opérateur,
mais est le résultat d'un compromis entre les éléments
précités. La posture est donc une des composantes
de la charge de travail qui influe sur la pénibilité
de la situation.
Toute déviation par rapport à la position "idéale"
va entraîner une augmentation de la dépense énergétique
et, à plus ou moins long terme, des raideurs et douleurs
du dos, du cou, des bras selon la posture adoptée. La posture
peut avoir des conséquences pathologiques, en cas d'efforts
importants effectués dans une posture défavorable.
Dimensionnements des postes de travail
Prendre compte de ces données permettra d'optimiser les éléments
et d'éviter les dysfonctionnements connus. De nombreux exemples
peuvent être cités, où des dimensions d'aires
de travail, d'outils, de machine et les forces a exercer, choisies
empiriquement, provoquent un effort physique inutile ou exagéré,
des difficultés dans la manipulation d'objets. Concevoir
un projet d'aménagement de bureaux par exemple, c'est donc
l'adapter à une population d'utilisateurs futurs et ne pas
chercher à faire un produit pour « l'homme moyen »
qui n'existe pas. L'acheteur tiendra compte des différentes
populations. En d'autres termes si on travaillait avec des chiffres
de la moyenne nationale, seul 1 % de la population serait confortablement
installé dans un siège. Il faut donc rechercher des
produits qui se règlent pour s'adapter aux grands comme aux
petits, aux minces comme aux forts, aux femmes et aux hommes et
aux différentes classes d'âge.
Le siège de travail
Le siège de travail doit être appréhendé
comme un "outil de travail" à part entière
: le travail assis doit être recherché chaque fois
que cela est possible, des changements de posture sont essentiels
pour la santé et le choix du type de siège est fonction
de la posture de travail la plus fréquente (travail assis,
travail debout)
Travail sur écran de visualisation.
Le travail sur écran de visualisation est aujourd'hui incontournable.
Or, travailler intensivement devant un écran peut engendrer
des troubles de la santé : fatigue visuelle, troubles musculo-squelettiques,
stress... La prévention de ces troubles passe par un changement
dans l'implantation et l'aménagement du poste, le choix d'un
matériel adéquat, des modifications dans l'organisation
du travail...
Le Bruit
L'audition est sollicitée de façon permanente par
tous les sons émis dans notre proche environnement. Le terme
bruit est utilisé pour désigner les phénomènes
d'acoustiques gênants, indésirables ou qui ont un effet
nocif. Il peut avoir 5 grandes familles d'effets indésirables
: l'affaiblissement de l'ouïe, la réaction non souhaitée
du système nerveux central et autonome, l'entrave à
la communication verbale ou autre, la diminution des performances
et des fonctions cognitives, la gêne.
Le bruit est une nuisance qui concerne tout le monde, dans l'environnement
domestique comme dans l'environnement de travail. Il est à
l'origine de nombreuses surdités mais aussi d'autres pathologies
(stress, fatigue...). De multiples moyens d'action doivent être
mis en place sur le lieu de travail pour limiter l'exposition des
salariés.
L'Eclairage
Une vision normale ne peut s'exercer qu'avec un minimum de lumière.
Un bon niveau d'éclairement permet une bonne productivité
avec notamment une baisse des erreurs, des accidents, une moindre
fatigue visuelle. En plus du niveau moyen d'éclairement nécessaire,
il faut absolument veiller à une bonne qualité de
la lumière émise par les sources avec : une uniformité
de l'éclairement, un équilibre des luminances pour
éviter les éblouissements notamment
La prise en compte de l'éclairage doit de préférence
être faite dès la décision de transformer d'anciens
locaux ou d'en aménager de nouveaux. En effet, le nombre,
la nature et l'emplacement des luminaires dépendent de l'implantation
des machines, du mobilier et de l'architecture.
La Ventilation / Climatisation / Chauffage
La qualité de l'air, son renouvellement, sa température,
son hygrométrie… sont à des degrés divers
essentiels pour la santé et, dans tous les cas, des paramètres
de confort prépondérants pour l'activité humaine.
Ces derniers constituent des exigences de base à intégrer
dans le processus de conception.
L'Electricité
Les installations électriques doivent être conçues
et réalisées conformément aux dispositions
réglementaires. Elles doivent être adaptées
à l'usage de chaque local, compte tenu des risques spécifiques
d'électrisation, d'électrocution, d'incendie et d'explosion…
La Signalisation / signalétique / couleurs
Dans un projet de conception, des exigences sont à respecter
en matière de signalisation de santé et de sécurité
et de signalétique fonctionnelle. Les couleurs et les formes
ont une signification en matière de sécurité
; les couleurs contribuant aussi parallèlement au confort
et au bien-être au travail.
La Manutention / le Levage
Les moyens de manutention et de levage à intégrer
dans un programme de conception doivent être définis
en fonction des exigences du processus de production et tenir compte
des besoins des utilisateurs, en se donnant aussi pour perspective
la prévention des risques de lombalgies et de troubles musculo-squelettiques
(TMS). L'approche requiert de faire en préalable une analyse
de l'activité réelle des opérateurs, dans leur
situation initiale de travail ou dans une situation ressemblante
prise en référence.
…
État de santé
Les preuves ne sont pas concluantes, mais les chercheurs conviennent
d'un commun accord que les personnes souffrant de troubles médicaux
sont plus susceptibles de manifester des lésions musculo-squelettiques.
Des exemples de ces troubles englobent les articulations hypermobiles,
l'arthrite, le diabète ou les maladies thyroïdiennes.
Condition physique
Une mauvaise condition physique et l'obésité qui,
souvent, en résulte, contribuent également à
rendre une personne plus vulnérable aux lésions musculo-squelettiques.
Par exemple, une mauvaise condition physique, en particulier lorsque
le poids corporel est supérieur au poids «idéal»,
représente une cause majeure d'épuisement et de fatigue.
On reconnaît que ces facteurs peuvent contribuer à
l'apparition de troubles musculo-squelettiques. Donc, bien qu'il
n'existe pas de lien direct entre une mauvaise condition physique
(et peut-être le surpoids) et l'inconfort musculaire et éventuellement
une blessure, il est possible de considérer une mauvaise
condition physique comme un facteur de risque élevé
de blessure et tout sentiment de fatigue comme un signal d'avertissement.
Dépendances occasionnelles
Contrairement à la croyance populaire, le tabagisme et la
consommation de caféine ou de tout autre aliment réconfortant
(le chocolat, par exemple), qui servent à réduire
temporairement le stress, peuvent en fait accroître les risques
de contracter une lésion musculo-squelettique à long
terme.
Certains facteurs échappent parfois à notre volonté.
Toutefois, si nous comprenons l'importance de ces facteurs, cela
peut nous aider à reconnaître comment ils sont associés
aux risques liés à nos tâches professionnelles.
Tenir compte de cette information pourrait éventuellement
prévenir les blessures.
Sources :
- INRS – Dossier : " Comment concevoir et aménager
des postes de travail " - www.inrs.fr/dossiers/conceptionposte.html
- INRS – Dossier : "Le travail sur écran"
(dossier Web) - www.inrs.fr/dossiers/ecran.html
- INRS – Dossier : "Conception des lieux et des situations
de travail" - www.inrs.fr/dossiers/
conception.html
- www.actineo.fr/-Ergonomie-
- www.cchst.ca/oshanswers/ergonomics/office/risk_individual.html
Centre canadien d'hygiène et de sécurité au
travail (CCHST). Réutilisé avec la permission du CCHST,
2010.
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