Entreprises de propreté : le secteur et les
risques
Présentation
du secteur
Le nettoyage est une activité générique de service
aux entreprises, exercée dans tous les secteurs professionnels
et sur tous les lieux de travail. Les agents de propreté sont employés
directement (travaillent dans les locaux de leur employeur) ou bien exercent
dans un lieu géré par un tiers, service public, entreprise
privée ou entrepreneur. Ils peuvent aussi être indépendants.
Ils ont, la plupart du temps, plusieurs lieux de travail dans une même
semaine.
Aujourd’hui, 55 % des entreprises ont recours à un prestataire
extérieur pour le nettoyage.
Le terme « propreté », générique, couvre
deux réalités très différentes :
- Une activité de propreté dite « classique »,
constituant le métier de base. Elle s’exerce dans les secteurs
tertiaire (nettoyage de bureaux, locaux administratifs, commerciaux
et immeubles d’habitation), industriel, de production ou de la
grande distribution.
- Un secteur plus spécialisé, prolongement du métier
de base, innovant en terme de processus et procédés et
soumis à des normes spécifiques. Il s’exerce dans
les secteurs de la santé (laboratoires, hôpitaux, cliniques,
maisons de retraite…) et des transports en commun (bus, gares,
aéroports…), dans certaines industries (agroalimentaires,
pharmacies, électroniques…), dans l’hôtellerie,
la restauration, le nucléaire ou l’ultra-propreté
(salles blanches, à empoussièrement contrôlé).
L’activité dans ces secteurs sensibles se développe.
En parallèle sont apparus des services complémentaires
au métier. En effet, certaines entreprises de propreté,
pour maintenir leur progression, élargissent leurs activités.
Elles proposent ainsi des services associés qui permettent de fournir
une prestation globale à leurs clients : gestion du courrier, activités
de manutention, déménagements internes, entretien des locaux,
logistique, gestion des stocks…
Les services associés représentent aujourd’hui 10
% du chiffre d’affaires des entreprises de propreté.
Un secteur très dynamique, en progression
constante (le nombre d’entreprises de propreté a presque
doublé au cours des 15 dernières années) du
fait du boom de l'externalisation des activités de nettoyage
et du développement des services associés :
- 6e employeur de France
- 20 000 entreprises
- 430 000 salariés
- 74 % de temps partiels
- 84 % de CDI
- 11 milliards d'euros de chiffre d’affaires
- Tendance à la bipolarité du secteur : forte concentration
des grandes et moyennes entreprises et d’autre part, important
secteur artisanal
- Des effectifs fortement féminisés : 66 % de femmes
(majoritairement sur des postes de propreté classique)
(Chiffres clés du secteur 2008, données
de la FEP)
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La Fédération des entreprises de propreté (FEP)
a indiqué dans un récent communiqué de presse que
l’activité de nettoyage devrait poursuivre sa progression
: « elle recrutera de plus en plus pour faire face à la demande
et aux nombreux départs en retraite dans les cinq prochaines années
».
Externalisation, multi-employeurs (phénomène qui se développe
pour faire face à ces contrats inférieurs à 35 heures
ne permettant de dégager un salaire suffisant), précarité
… cette réalité du secteur du nettoyage, si dynamique
soit-il, est facteur de nombreux risques pour les personnels des entreprises
de propreté.
Des
risques multiples
Bien que les matériels et les outils aient fortement évolué
ces dernières années (moins bruyants et lourds, plus performants
et ergonomiques, utilisant des produits moins nocifs…) et que l’organisation
des missions se soit améliorée, les métiers de la
propreté restent particulièrement physiques et pénibles,
générateurs d’accidents et maladies professionnelles.
La nature même de leurs métiers expose les personnels du
secteur de la propreté à des substances dangereuses, notamment
à des agents biologiques (déchets médicaux ou sanitaires)
et chimiques (produits de nettoyage tels détachants, désinfectants,
détergents, dégraissant…). Nocifs, toxiques, irritants,
corrosifs, CMR ou encore inflammables, ils sont responsables de cas d'asthme
et autres difficultés respiratoires, d’allergies, de brulures,
d’affections gastro-intestinales, cancéreuses ou cutanées,
d’infections hématogènes...
Les agents de propreté et d’entretien sont également
soumis à des contraintes physiques importantes : bruit et vibrations
des machines, travail en extérieur avec exposition aux intempéries
et à l'humidité, travail en hauteur (ex les nettoyeurs de
vitres) entrainant chutes, glissades ou faux pas, manutention manuelle
de charges responsable de chocs et écrasements, gestes répétitifs
et contraintes posturales (risque accru de troubles musculo-squelettiques)…
Les nombreux déplacements nécessaires pour se rendre dans
les entreprises clientes de jour comme de nuit, le mauvais arrimage du
matériel dans les véhicules, sont responsables d’accidents
de mission et de trajet. Enfin, le travail de nuit ou en horaires décalés,
très courant dans les métiers de l’hygiène
propreté, est source de diverses pathologies (stress, dérèglement
du rythme biologique…) et accroît le risque d’accidents.
Dans le dossier Entreprises
de propreté
- Le secteur et les risques associés
- La
problématique du développement durable
- La problématique
de la prévention des TMS
- La problématique
du bionettoyage
- Perspectives
Documents mis en ligne en juillet 2011
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