La
prévention des risques
au service
du développement durable
Ergonomie
et développement durable.
(Echos du
40ème Congrès
de la SELF, septembre 2005,
St Denis de la Réunion)
Dossier
proposé par Michel Neboit,
Président de la SELF
Le
40ème Congrès
de la Société
d'Ergonomie de Langue Française,
dont le thème était
" Ergonomie et développement
durable : le travail humain
comme facteur de développement
durable et de cohésion
sociale " s'est tenu à
St Denis de La Réunion,
du 21 au 23 septembre 2005.Il
était organisé
par l'ARVISE (Association Réunionaise
de Valorisation de Initiatives
Socio Economiques), et l'ANACT
(Agence pour l'Amélioration
de Conditions de Travail)
Concernant
son contenu ce congrès
a été d'une très
grande richesse, et très
innovant.
En introduction, Peter Auer,
du BIT, à Genève,
dans sa conférence introductive
" Travail et emploi dans
la mondialisation : permanences
et changements " , a présenté
le cadre général,
le contexte dans lequel s'inscrivait
ce congrès, à
savoir l'effet de l'internationalisation
de l'emploi : s'agit il de la
disparition de certains emplois
et de la création de
nouveaux ? s'agit-il de transfert
d'emplois ? quels sont les conséquences
de cette internationalisation
de l'emploi, sur le travail,
sur l'activité au travail
? l'établissement de
droits fondamentaux du travail
acceptables mondialement est
il possible ? réaliste
? quelle peut être la
place du dialogue social dans
cette gestion. Voici quelques
une des questions auxquelles
il a tenté de répondre,
donnant ainsi une vision panoramique
des effet de l'élargissement
de la dimension mondiale des
échanges commerciaux,
industriels et de services,
sur l'emploi et sur le travail.
Le thème
1 : " Le souci du durable
dans la conception des systèmes
de travail " a été
introduit par Pierre Falzon,
professeur d'Ergonomie au CNAM,
Président de l'International
Ergonomics Association,qui a
traité de la contribution
de l'ergonomie au développement
lors de la conception dispositifs
techniques et organisationnels.
Après avoir rappelé
la nature des activités
de conception et les modalités
de la contribution des ergonomes,
Pierre Falzon, a surtout insisté
sur les impacts " intangibles
" de l'intervention ergonomique
tels que le développement
de compétences construites
collectivement, qui , à
leur tour peuvent être
les garantes d'une évolution,
d'un développement qui
perdure après l'intervention
.
Le Professeur
Jean François Caillard,
a introduit la thématique
de la session 2 " Les et les risques
technologiques au cur
de la prévention durable
" en illustrant par plusieurs
exemples, le fait que dans le
domaine des
, une tendance forte rejoint
les impératifs requis
par l'objectif de développement
durable : prise en compte du
long terme et pas seulement
du court terme, priorité
donnée à l'évaluation
des risques, à la prévention
primaire, à l'information
sur les risques, à l'attention
portée sur les risques
émergents, visant le
maintien et la promotion de
la capacité de travail.
La session
3 " Le transfert de technologie
comme facteur de développement
durable " était
introduite par Tchibara Aletcheredji,
Vice Président de la
SELF,qui a rappellé que
le transfert de technologies
(en tant que véhicule
de savoirs, de savoir-faire,
d'outils et de modes de vie)
constitue à l'heure actuelle
une des formes dominantes des
échanges entre les peuples.
Mais ces transferts de technologie
peuvent ils être des vecteurs
de développement durable
? et à quelles conditions
?, et comment l'ergonomie peut
elle avoir un rôle de
catalyseur dans les processus
de changement dans le contexte
du développement durable
? Cette session, a été
l'occasion de témoignages
de personnalités engagées
dans des actions de transfert
de technologie : Raouf Pereira,
Directeur de la Santé
au Travail, du Bénin,
et Taoufik Khalfallah, professeur
à la Faculté de
Médecine de Monastir
en Tunisie.
Une table ronde,
animée par Jean François
Moser, Directeur Général
de la sucrerie Bois Rouge, a
mis en débat des questions
telle que : De quoi dépend
le succès ou l'échec
d'un transfert ? A quelles conditions
les effets, lorsqu'ils sont
positifs, peuvent-ils être
durables ? A quelles conditions
ceux-ci peuvent-ils être
bénéfiques à
la fois au pays d'origine ainsi
qu'au pays hôte?
La 4éme
session " l'humain comme
énergie et ressource
à préserver ",
a été introduite
par C.Dutertre, Professeur à
Paris 7, qui a analysé
les conditions de gestion des
ressources humaines , au sens
large et métaphorique
du terme, mais aussi au sens
propre, et a cherché
à déterminer les
conditions de gestion inscrites
dans une perspective de durabilité
du travail , de l'emploi, mais
aussi de la ressource. En effet
les pratiques gestionnaires
dominantes, centrées
sur l'optimisation de l'utilisation
des ressources, au risque d'intensifier
le travail, ou d'exclure de
l'emploi, restent à remplacer
par une logique de développement
et de gestion des ressources
qui soient compatibles avec
la fonction sociale de l'entreprise
dans son rôle formateur
de l'individu au travail.
Enfin, les participants
se sont, courageusement (!),
posés la question de
la durabilité des ergonomes
et de l'ergonomie , dans une
5éme session sous forme
d'un atelier animé par
Christian Revest et François
Hubault, ce qui a été
, à la fois , l'occasion
d'une remise en question, et
d'une ouverture vers des perspectives
qu'il restera à développer.
Dans ce congrès
2005, il faut souligner la part
importante consacrée
à la présentation,
par les entreprises elles mêmes,
de situations vécues
dans et par les entreprises.
En effet, cela a été
une volonté du Comité
de programme de donner un place
importante aux témoignages
d'entreprises locales, pour
qu'elles puissent présenter
leurs questionnements ,rappeler
leur difficultés, mais
aussi faire connaître
les réponses et les solutions
qu'elles ont pu elles mêmes
apporter, ceci afin que d'autres
puissent s'en inspirer et en
bénéficier. Des
témoignages, en fin de
congrès, ont d'ailleurs
bien montré que durant
ces trois jours, l'ergonomie
avait fait un pas de plus dans
l'économie régionale,
au bénéfice des
entreprises, pour accorder une
place croissance à la
prise en compte de la santé
de l'homme au travail et dans
sa vie quotidienne, et dans
une perspective qui ne se réduise
pas au court terme mais dans
une vision à long terme.
Les actes de ce congrès
sont disponibles à l'ANACT
(anact@anact.fr)
Document
mis en ligne novembre 2005
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