Faire face aux pollutions des bâtiments L'amiante
- L'amiante est de loin la première cause
de cancers d'origine professionnelle
- Les risques
- La prévention
- Le désamiantage
- La réglementation
L'amiante est de loin la première cause de cancers d'origine
professionnelle
L'amiante est un problème de santé
au travail d'une importance particulière. Sa consommation
a atteint son apogée en France dans les années 70
avec 150 000 tonnes par an, avant son interdiction complète
en 1997. Outre ses effets non cancérogènes sur la
santé (atteintes pleurales, fibroses pulmonaires
),
l'amiante est de loin la première cause de cancers d'origine
professionnelle (cancer du poumon, mésothéliome
).
Du fait d'une longue période entre l'exposition et la possible
survenue d'un cancer (de 20 à 40 ans), les effets de l'amiante
sur la santé de la population française devraient
encore durer des années.
Depuis le 1er janvier 1997, la fabrication, la transformation,
la mise en vente sur le marché national et la cession à
quelque titre que ce soit, l'importation, l'exportation, la vente
de produits contenant de l'amiante et, notamment, l'amiante-ciment,
sont interdites. Afin de limiter les risques pour les salariés,
l'employeur doit prendre des mesures de prévention spécifiques
et assurer une surveillance médicale spéciale.
Source : www.travail-solidarite.gouv.fr/...
Les risques
Lorsqu'elles ont été inhalées, les fibres
d'amiante sont, compte tenu de leur dimension, de leur forme et
de leur persistance, très difficiles à éliminer
par l'organisme et comportent des risques pour la santé.
Les études ont démontré que leur accumulation
dans l'organisme est responsable de l'apparition de pathologies
graves, notamment pulmonaires : fibrose au niveau de la plèvre
et du poumon, cancers de l'appareil broncho-pulmonaire, mésothéliomes.
Source : www.travail-solidarite.gouv.fr/...
La prévention
En plus des mesures de prévention générales
à mettre en uvre pour assurer la sécurité
et la protection de la santé des travailleurs, la réglementation
fixe les conditions dans lesquelles la protection de ceux-ci contre
les risques liés à l'inhalation de poussières
d'amiante doit être organisée dans l'entreprise ou
l'établissement. Elle comporte d'une part, des mesures
générales faisant appel à l'évaluation
des risques et, d'autre part, des obligations complémentaires
spécifiques aux différents types d'activité
: le confinement et le retrait de l'amiante en place, notamment
dans les bâtiments ; les activités et les interventions
sur des matériaux ou appareils susceptibles de libérer
des fibres d'amiante.
L'employeur est soumis à diverses obligations
- Evaluer le risque (identifier et localiser les matériaux
et les opérations susceptibles de libérer des
fibres d'amiante)
- Informer les salariés des risques auxquels leur travail
peut les exposer et des dispositions prises pour les éviter
(rédaction d'une notice transmise pour avis au médecin
du travail et communiquée au CHSCT ou aux délégués
du personnel)
- Former les salariés concernés à la prévention,
à la sécurité et à la bonne utilisation
des équipements de protection collective ou individuelle
- Déclarer les procédés de travail à
la caisse primaire d'assurance maladie
- Protéger les salariés par des règles
et des moyens adaptés
- Contrôler les niveaux d'empoussièrement en fibres
d'amiante, afin de garantir le respect de la valeur limite fixée
par la loi (échantillons prélevés analysés
par un laboratoire accrédité)
Toute situation anormale entraîne, sans délai,
la suspension des travaux par le chef d'établissement
jusqu'à la mise en oeuvre des mesures propres à
remédier à la situation
- Tenir une liste actualisée des travailleurs susceptibles
d'être exposés à l'inhalation de poussières
d'amiante et établir, pour chacun de ces travailleurs,
une fiche d'exposition précisant notamment les procédés
de travail ainsi que les équipements de protection collective
et individuelle utilisés
- Mettre prioritairement en uvre des moyens de protection
collective (installations et appareils de protection collective
doivent être régulièrement vérifiés)
- Fournir des équipements de protection individuelle
lorsque la nature des activités ne permet pas une mise
en uvre efficace des moyens de protection collective ou
si, malgré les protections collectives, les valeurs limites
sont susceptibles d'être dépassées
- Assurer le nettoyage minutieux des lieux de travail
L'employeur doit également veiller au respect des règles
suivantes :
les salariés ne doivent ni manger, ni boire, ni fumer sur les lieux
de travail ; les déchets de toute nature susceptibles de libérer
des fibres d'amiante doivent être conditionnés et traités
de manière à ne pas provoquer d'émission de poussières
pendant leur manutention,
leur transport, leur entreposage et leur stockage. Ils doivent être
transportés hors du lieu de travail aussitôt que possible
dans des emballages appropriés et fermés ; les modalités
d'entretien des vêtements de travail susceptibles d'être contaminés
doivent être prévues.
Source : www.travail-solidarite.gouv.fr/...
Le désamiantage
Pour les bâtiments destinés à la
destruction, un retrait préalable des matériaux
contenant de l'amiante (désamiantage) doit être réalisé,
chaque fois que c'est techniquement possible.
Pour les bâtiments en usage : s'il est
prouvé qu'il existe des matériaux contenant de l'amiante
friable (flocages, calorifugeages et faux plafonds), dont l'état
de conservation constitue un risque pour les occupants (état
intermédiaire de conservation N=2, avec un niveau d'empoussièrement
mesuré (E) > 5 fibres d'amiante/litre d'air, ou état
dégradé N=3), des travaux doivent être engagés
systématiquement.
Les travaux, réalisés par des sociétés
spécialisées doivent réduire le risque d'exposition
des utilisateurs du bâtiment, soit par un retrait des matériaux
dangereux ou, lorsque cela n'est pas techniquement réalisable,
par leur confinement.
Dans les 2 cas, le niveau d'empoussièrement doit être
ramené à l'issu des travaux sous le seuil de 5 fibres/litre.
Dans l'attente de la réalisation des travaux, des mesures
destinées à protéger les occupants doivent
être prises : nettoyage régulier des locaux (nettoyage
humide, aspirateur à filtre absolu), isolement des matériaux
potentiellement dangereux, limitation d'accès aux locaux.
A ce stade, toutes les interventions directes sur ces matériaux
sont prohibées car elles peuvent provoquer leur dégradation
et augmenter le risque d'exposition.
La réglementation exige l'achèvement des travaux
dans un délai de 36 mois à partir de la date de
remise des résultats du contrôle. Pour certains bâtiments
recevant du public (capacité d'accueil > 300 personnes)
et les immeubles de grande hauteur, dans lesquels l'amiante friable
a été employé de manière généralisée,
ce délai peut être incompatible avec la conduite
des travaux dans les conditions de sécurité : des
dérogations peuvent alors être accordées.
La réglementation
Depuis le 1er janvier 1997 la loi interdit l'importation, la
fabrication et la mise sur le marché de toutes variétés
de fibres d'amiante incorporées ou non dans des matériaux
ou autres produits, néanmoins ces interdictions ne font
pas obstacle à l'accomplissement des obligations relatives
à l'élimination des déchets. (décret
no 96-1133 du 24 décembre 1996).
Arrêté du 17 mars 1998 : il fixe une liste de catégories
d'exceptions à l'interdiction et indique la norme à
laquelle doivent répondre les produits textiles à
base d'amiante. Il remplace le premier arrêté d'interdiction
du 24 décembre 1996.
Décret n° 96-98 du 7 février 1996 relatif à
la protection des travailleurs contre les risques liés
à l'inhalation de poussière d'amiante : il fixe
les conditions dans lesquelles la protection des travailleurs
contre les risques liés à l'inhalation de poussières
d'amiante doit être organisée dans l'entreprise.
Concernant le désamiantage, deux types d'entreprises sont
à la disposition des chefs d'établissement :
-celles chargées de l'évaluation : elles réaliseront
un travail d'expertise et de mesure de la qualité de l'air.
-celles chargées du désamiantage effectif.
En cas d'amiante friable (faux plafonds déflocage décalorifugeage,
), l'entreprise intervenant doit posséder la qualification
Qualibat 1513.
A compter du 1er mars 2008, les entreprises qui effectueront des
travaux de retrait d'amiante non friable en milieu intérieur
devront être certifiées.
Arrêtés du 4 septembre 2007 (parus au Journal Officiel
du 13 septembre 2007) concernant l'allocation amiante : ils modifient
et complètent, pour deux d'entre eux, la liste des établissements
de fabrication, flocage et calorifugeage à l'amiante susceptibles
d'ouvrir droit à l'allocation de cessation anticipée
d'activité des travailleurs de l'amiante ; pour le troisième,
la liste des établissements et des métiers de la
construction et de la réparation navales susceptibles d'ouvrir
droit à cette même allocation.
Source : http://www.travail-solidarite.gouv.fr/actualite-presse
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