Confort acoustique
Limiter l'exposition au bruit
Le principe général de prévention déclare
que « l’employeur est tenu de réduire le bruit au niveau
le plus bas raisonnablement possible ».
Les bruits diffèrent selon leur origine. Ils peuvent être
aériens (provenance de l'extérieur ou de l'intérieur),
liés à un impact (par exemple à partir d'un plancher
intermédiaire), émis par des équipements extérieurs
ou intérieurs (locaux techniques, machines professionnelles, chaufferie,
unité extérieure ou intérieure de climatisation,
chaudière individuelle, machinerie d'ascenseur…).
Pour optimiser le confort acoustique de l'intérieur d'un bâtiment,
des précautions sont à prendre en compte le plus en amont
possible, au niveau du programme et de la conception : les corrections
mises en œuvre ultérieurement sont plus couteuses et parfois
moins efficaces.
La première démarche est, dans la mesure du possible, de
réduire le bruit à la source et limiter l'exposition des
pièces et locaux aux bruits extérieurs (voies routières
et ferrées, aérodromes, bâtiments environnants, arrêt
d'autobus…). Ces bruits peuvent être amplifiés par
des vents dominants ou des réverbérations liées au
site.
Protection collective
La mise en place d’une protection collective constitue le moyen
de prévention le plus efficace, à condition de l’accompagner
d’une réduction du temps d’exposition au bruit des
travailleurs et d’une réorganisation du travail. Elle permet
d’agir dès la conception, ou par correction des lieux de
travail : réduction du bruit à la source, installation de
machines plus silencieuses, coffrage des machines bruyantes, traitement
acoustique du local avec des matériaux absorbants…
- Orientation et implantation : pour protéger
un ou plusieurs bâtiments des bruits extérieurs, l'architecte
doit étudier l'implantation et l'orientation des bâtiments
en fonction des sources de bruits repérées. Puis, à
l'intérieur des bâtiments, les locaux et pièces doivent
également être disposés selon les éventualités
de nuisances sonores. De même, les baies vitrées doivent
être conçues de manière à concilier confort
visuel et confort acoustique. Un des bâtiments (entrepôt)
ou un des locaux (local technique) peut parfois servir d'écran
acoustique vis-à-vis des autres bâtiments. Si ce n'est pas
le cas, la création d'écrans acoustiques naturels (merlons)
ou artificiels (mur anti-bruit) peut être envisagée.
Le confort acoustique est par ailleurs étroitement lié au
confort d'été, l'ouverture des fenêtres laissant entrer
les bruits extérieurs.
- Renforcement de l'isolation acoustique de la toiture,
des murs extérieurs, des baies vitrées (menuiseries et vitrages),
des bouches d'entrées d'air (points faibles), des planchers intermédiaires…
Lors de logements, le respect des exigences de la réglementation
acoustique (NRA 1994) est souvent suffisant et satisfaisant. Cependant,
des précautions doivent être prises pour pouvoir associer
isolation acoustique et isolation thermique au niveau du choix des solutions
techniques et des matériaux. Une isolation thermique n'est pas
forcément synonyme d'isolation acoustique, alors que l'inverse
l'est en général.
- Correction acoustique : il est parfois utile, voire
nécessaire, de mettre en œuvre une correction acoustique des
locaux pour limiter les phénomènes de réverbération.
Le traitement consiste en la pose de matériaux absorbants sur les
parois intérieures. Il est par exemple préconisé,
par la réglementation acoustique applicable au résidentiel,
pour les parties communes des immeubles collectifs (cage d'escalier, paliers),
pour préserver le confort acoustique, surtout nocturne, des appartements
(bruits de pas, de voix).
- Atténuation des bruits émis par les équipements
: les bruits engendrés par les équipements placés
à l'intérieur ne doivent pas dépasser un certain
niveau de pression acoustique dans les pièces principales (35 dB(A))
et dans les pièces dites de service (50 dB(A)). Quant aux équipements
situés à l'extérieur, ils ne doivent pas dépasser
un niveau de 30 dB(A) pour la pièce principale et de 35 dB(A) pour
les pièces de service. Le niveau de pression acoustique émis
par les équipements est tout d'abord fonction des matériels
choisis et des précautions prises lors de leur installation au
sol et surtout sur les parois. Il peut être ensuite encore atténué
par des moyens techniques (manchons résilients, supports antivibratoires,
capotages…).
- Le rôle du maître d'ouvrage : il doit
repérer les sources de bruit existantes autour du site, émettre
des exigences de résultats en matière acoustique, imposer
le respect des exigences réglementaires en vigueur.
- Le rôle du maître d'œuvre : il doit
respecter les exigences réglementaires et appliquer les règles
de l'art, tenir compte de l'acoustique au niveau du plan-masse et la disposition
des locaux et des pièces, concilier confort visuel et confort acoustique,
prévoir des solutions techniques d’atténuation du
bruit (écrans acoustiques, isolation acoustique des parois opaques
et vitrées, chapes flottantes, entrées d'air acoustiques…),
contrôler le niveau de pression acoustique des équipements
et la qualité de leur installation.
Quelques solutions techniques ?
Zonage acoustique. Outre l'implantation et l'orientation
des bâtiments, des zones acoustiques peuvent être différenciées
à l'intérieur des bâtiments en fonction des
usages des locaux ou des pièces.
Isolation acoustique des parois. Celle-ci consiste le plus
souvent à un doublage intérieur des parois concernées,
selon la provenance des bruits, au moyen d'isolants non rigides
(laines minérales, PSE dB) choisis en fonction de leurs indices
d'affaiblissement acoustique. L'isolation doit être réalisée
en continu, car les ponts phoniques sont des points faibles par
lesquels arrivent les bruits.
Chapes flottantes. Les bruits peuvent être transmis
par les murs extérieurs et les parois latérales qui
y sont rigidement liées. Il est conseillé, pour de
meilleures performances acoustiques et thermiques, de réaliser
des chapes flottantes (chape de béton désolidarisée
des murs par une bande d'isolant pour éviter les transmissions
solidiennes) plutôt que des dalles en béton pour les
planchers.
Des fenêtres acoustiques. Une forte épaisseur
de vitrage est la meilleure façon de renforcer la performance
acoustique d'une fenêtre. Un vitrage monolithique de masse
égale offre des résultats supérieurs à
un double vitrage. Cependant, les doubles vitrages ont l'avantage
de pouvoir concilier isolation thermique et acoustique. Pour renforcer
plus particulièrement l'isolation acoustique, le double vitrage
doit être constitué de deux vitres d'épaisseur
différente, par exemple 4/6/10.
Un système de ventilation silencieux. Pour un isolement
de 30 dB(A), le choix d'une entrée d'air sur menuiserie ou
volet roulant avec « silencieux » suffit. Pour un isolement
de 35 dB(A), on ajoute à l'entrée d'air un capuchon
acoustique, placé à l'intérieur ou à
l'extérieur. En revanche, pour un isolement de 40 et 45 dB(A),
mieux vaut placer les entrées d'air dans le mur extérieur.
Il est également possible, pour éviter la pose de
bouches d'entrée d'air en façade dans un contexte
bruyant, d'installer un système de ventilation double flux,
avec (ou sans) récupérateur de chaleur pour préchauffer
l'entrée d'ai neuf en hiver.
Désolidarisation des équipements. Les bruits
peuvent être à la fois transmis par voie aérienne,
notamment par les gaines, et par voie solidienne à travers
la structure du bâtiment. Minimiser les bruits mécaniques
et aérauliques à la source reste la solution la plus
simple pour réduire la pression acoustique. Pour éviter
les transmissions par voie solidienne, un équipement au sol
susceptible de vibrer peut être posé sur des plots
ou un socle antivibratile, un équipement placé sur
une paroi peut être désolidarisé de celle-ci
au moyen de matériaux élastiques.
Incidence économique
Toutes précautions prises en amont par rapport aux risques
de nuisances acoustiques, au moment du programme et de la conception,
reviennent moins cher que toutes les corrections acoustiques pouvant
être apportées par la suite.
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Protections individuelles contre le bruit
Lorsque la protection collective est insuffisante, l'employeur doit
mettre à la disposition des salariés des équipements
de protection individuelle (EPI).
Les protections auditives individuelles sont de plusieurs types : casques
antibruit ; bouchons d’oreille : moulés sur le conduit auditif
de chaque salarié (donc parfaitement adaptés au conduit
auditif du salarié, atténuation d’environ 20 dB(A))
ou non moulés.
Le choix se fait en fonction de l’utilisation : les bouchons d’oreilles
sont le plus souvent préférés pour un port continu.
Important
Pour être efficace, la protection doit être portée
pendant toute l’exposition au bruit. En effet, les protections
auditives sont inefficaces si elles sont portées moins de
90 % du temps d'exposition au bruit. Pour choisir les protections
auditives, il faut tenir compte de leur efficacité acoustique
(degré d'atténuation), de leur confort, de leur solidité.
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Mesurage
La mesure du bruit dans l’entreprise est l’outil de référence
pour apprécier l’exposition des salariés.
On utilise, en premier lieu, des mesures instantanées, effectuées
avec un sonomètre, comprenant un micro et un ensemble électronique.
Ces mesures sont faites à hauteur d’oreille. On détermine
ainsi les situations les lieux de travail les plus bruyants.
Une autre technique consiste à représenter graphiquement
les niveaux sonores de l'espace de travail.
Pour les salariés travaillant dans les zones trop bruyantes, il
est possible de réaliser des mesures supplémentaires à
l'aide d'un exposimètre (porté par le travailleur ; mesurant
en continu le niveau de bruit) ou d’un sonomètre (échantillonnage
effectué par un spécialiste, donc « maîtrisé
»).
Le mesurage peut être effectué à la demande de l'employeur,
du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions
de travail (CHSCT), du médecin du travail voire de l'inspection
du travail. Il peut être réalisé en interne, par la
caisse régionale d'Assurance maladie (CRAM) de la région.
En cas de mise en demeure par l'inspection du travail, il doit être
effectué par un organisme accrédité (par le Comité
français d'accréditation, COFRAC, ou par un organisme européen
équivalent).
Exemple de démarche de prévention
du risque acoustique :
L'évaluation par l'INRS des risques pour l'audition des
opérateurs des centres d'appels téléphoniques
a nécessité le développement d'une nouvelle
méthodologie utilisant un appareillage de mesure spécifique.
Celui-ci a ensuite été déployé par dans
21 centres d'appels pour estimer le risque auditif de plus d'une
centaine d'opérateurs.
L'estimation de l'exposition quotidienne de ces opérateurs,
basée sur la norme ISO 9612 parue en 2009, est évaluée,
avec ses incertitudes, sur la base des temps de conversations journaliers.
Les résultats de cette campagne de mesure montrent que le
risque de dépassement des seuils réglementaires est
avéré, quoique très rarement constaté.
De plus, des problèmes récurrents subsistent dans
les centres d'appels téléphoniques : les chocs acoustiques
sont des accidents rares, mais mal supportés par les opérateurs
et le bruit ambiant est trop souvent à des niveaux incompatibles
à la fois avec un travail intellectuel et un bon confort
d'écoute au téléphone.
Des solutions de prévention ont été étudiées
pour améliorer cette situation. Les limiteurs de niveaux,
ou protecteurs acoustiques, permettent souvent de garantir une atténuation
des chocs acoustiques et une limitation de l'exposition journalière.
L'aménagement des plateaux (traitement acoustique du local,
surface par opérateur) est discuté dans cet article.
On montre que de simples recommandations d'aménagement peuvent
conduire à une diminution appréciable des niveaux
de bruit rencontrés dans ces locaux de travail.
http://www.camip.info/-La-presse-en-parle-.html
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Egalement dans le dossier Confort
acoustique
- Bruits, sons, inconfort
acoustique : définitions
- L’exposition
prolongée au bruit en milieu de travail, facteur de risques
- Ce que dit la loi
Documents mis en ligne en mai 2011
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