BTP et prévention des risques
Ce que dit la loi
La réglementation générale et les normes
Obligations du chef d'entreprise
Le Code du travail, par la loi du 31 décembre 1991, oblige les
employeurs à engager une démarche fondée sur l'évaluation
des risques (dans le document unique) et l'adaptation permanente des mesures
de prévention, pour assurer la santé et la sécurité
des salariés sur la base des principes généraux de
prévention (article Article L4121-1
à 5 du Code du travail).
La réglementation concernant les démarches et obligations
inhérentes au chef d'entreprise du BTP est la même que dans
les autres secteurs d'activité et découle pour l'essentiel
du Code du travail.
Par ailleurs, le Code de la sécurité sociale, la législation
des installations classées, la législation des établissements
recevant du public fixent et définissent des obligations.
- Le Décret nº 2009-289 du 13 mars 2009, publié
au JO du 15 mars 2009, a introduit dans le Code du travail un certain
nombre de modifications en matière d’hygiène, de sécurité
et de conditions de travail.
Les modifications introduites par le Décret sont nombreuses, éparses
et d’incidence minime ; il s’agit plus de rectifications
ou précisions relatives au conseil des prud’hommes, à
la coordination SPS, au congé maternité, au Conseil d’orientation
sur les conditions de travail, aux substances dangereuses, aux EPI…
Parmi
les modifications significatives renforçant la responsabilité
de l’entrepreneur :
- Article D4153-36 modifié : complète
le texte précédent en signifiant l’interdiction
d’employer des travailleurs de moins de 18 ans à tous travaux
en élévation
- Article R4224-5 modifié : renforce l’obligation
du chef d’entreprise quant à l’organisation de la
sécurité sur son chantier : les puits, trappes et
ouvertures de descente, qui faisait précédemment l’objet
de protection pour éviter les chutes, sont maintenant clôturés.
- Article D4711-3 modifié : précise
que les copies des déclarations d’accidents du travail
déclarés à la caisse primaire d’assurance
maladie doivent être conservées cinq ans par l’entreprise
- Articles R4412-40 et R4412-44 modifiés :
parlent maintenant uniquement d' « agents chimiques dangereux
pour la santé ».
- Article R4513-6 modifié : renforce
la responsabilité du chef d’entreprise extérieure
qui affecte des travailleurs sur un chantier pour l’exécution
de travaux en cours d’opération
- Arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation du
30 novembre 2010 - nº 08-70390
La Cour de cassation consacre l’obligation de prévention
des risques professionnels dès la prise de poste et considère
que l’obligation de sécurité de résultat de
l’employeur n’entre pas en jeu qu’en cas de survenance
d’un AT-MP mais bien en amont, au stade de la prévention.
La normalisation
Elle fournit des documents de référence concernant les produits,
les biens et les services. L'Afnor coordonne et centralise tous les travaux
de normalisation ; un catalogue des normes est édité
chaque année et accessible par Internet : http://www.afnor.fr/.
Le maître d'œuvre et le coordonnateur de sécurité

La loi du 31 décembre 1993 et ses décrets
d'application nº 94-1159 du 26 décembre 1994 et nº 2003-68
du 24 janvier 2003 ont modifié les obligations du maître
d'ouvrage et du maître d'œuvre pour les opérations
de bâtiment et de génie civil. Ils doivent notamment mettre
en œuvre les principes généraux de prévention
dès la phase de conception du projet.
Une coordination en matière de sécurité et de protection
de la santé des travailleurs est obligatoire pour tout chantier
de bâtiment ou de génie civil où sont appelés
à intervenir plusieurs travailleurs indépendants ou entreprises
(y compris les structures de sous-traitances). Le but est de prévoir
les risques résultants de leurs interventions simultanées
ou successives et organiser, si besoin, l'utilisation des moyens communs
tels que les infrastructures, les moyens logistiques et les protections
collectives.
Un PGC (plan général de coordination) en matière
de sécurité et de protection de la santé
doit être établi dès la conception du projet par le
coordonnateur quand un chantier est soumis à déclaration
préalable (c'est-à-dire pour les opérations de 1re
et de 2e catégorie) et que le volume d’activité du
chantier dépasse 500 hommes par jour.
Le coordonnateur SPS est sous la responsabilité du maître
d’ouvrage. Il a pour missions (selon son niveau de responsabilité :
I, II ou III) :
- De veiller à la stricte application des principes
généraux de prévention,
- D'élaborer et de tenir à jour le plan général
de coordination en matière de sécurité et de protection
de la santé, PGC ou PGCSPS (nécessaire dès
lors que le chantier est soumis à déclaration préalable),
- De constituer le dossier d'intervention ultérieure
sur l'ouvrage (DIUO),
- D'ouvrir et de tenir à jour le registre-journal de la coordination,
- D'organiser les inspections communes et de définir
les consignes,
- De réunir et regrouper les plans particuliers de sécurité
et de protection de la santé (PPSPS) dans le PGCSPS,
- D'organiser la coordination de la sécurité
entre les différents intervenants et avec les activités
d’exploitation extérieures,
- De présider le collège interentreprises de
sécurité, de santé et des conditions de
travail, CISSCT (à partir de la catégorie 2),
- Veiller à la limitation de l’accès
sur le chantier.
Ouverture de chantier
Le chef d'entreprise doit faire une déclaration d'ouverture de
chantier auprès de la CRAM, de l'inspection du travail et de l'OPPBTP
et entreprendre les démarches administratives pour son installation
sur le chantier comme pour l'organisation des secours.
Documents mis en ligne en novembre 2011
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