Dossier thématique

BTP et prévention des risques
Les conditions de travail des ouvriers du BTP en France

 

Outre la diversité et la complexité des intervenants et des techniques sur un même chantier (intérêts divergents, contraintes d’interfaces multiples), les contraintes de délais et d’espace, la spécificité de chaque projet, qui rend difficile l’organisation et renforce les aléas, le BTP est soumis à un certain nombre de facteurs de risques physiques et chimiques.
Deux rapports ont été rendus par la Dares en décembre 2009 et janvier 2010. Le premier constate qu’en 2007 les salariés de la construction ont été les plus exposés aux accidents du travail, avec deux fois plus d’arrêts de travail que la moyenne nationale et un accident mortel sur quatre issu d’une chute de hauteur. Le second rapport constate que l’état de santé du salarié est fortement lié à son parcours professionnel puisque de mauvaises conditions de travail, pénibilité au travail et contraintes physiques, contribueraient à altérer la santé tout au long de la vie.


Des contraintes physiques importantes

Risques BTPLes ouvriers du bâtiment et des travaux publics sont soumis à des contraintes physiques plus importantes que ceux des autres secteurs d'activité…

Les facteurs de risques

- Conditions climatiques, géologiques ou environnementales : plus d'un ouvrier de la construction sur trois travaille à l'extérieur plus de 20 heures par semaine et se trouve donc exposé aux intempéries, 3 sur 4 pour les couvreurs, 2 sur 3 pour les ouvriers des travaux publics et du gros œuvre

- Port de charges lourdes : 63 % des ouvriers, surtout ceux du gros œuvre et les couvreurs dans le second œuvre, portent des charges plus de deux heures par semaine et un sur cinq au moins 20 heures

- Gestes répétitifs : ils sont plus souvent obligés que dans les autres secteurs à faire des gestes répétitifs plus de 10 heures par semaine

- Utilisation d’outils transmettant des vibrations aux membres supérieurs

- Bruit : machines, d’engins ou d’actions très sonores comme le démolissage, les métiers du BTP sont bruyants. De plus, la source est souvent proche des ouvriers

- Situations de travail fatigantes : travail debout, déplacements à pieds, postures pénibles durant plusieurs heures dans la semaine (bras en l'air, à genoux ou en torsion, cumul de contraintes pour le dos et les articulations des membres supérieurs)


Une exposition conséquente aux produits chimiques

Produits chimiques

Dans la construction, huit ouvriers sur 10 sont exposés à au moins un produit chimique contre 6 sur 10 dans l'industrie, avec souvent des expositions prolongées (au ciment par exemple). Ils sont plus exposés que les autres ouvriers à au moins un produit cancérogène aux produits reprotoxiques et mutagènes.

Les produits cancérogènes que l'on retrouve le plus souvent sont les poussières de bois, la silice cristalline, les gaz d'échappement diesel, les goudrons de houille et dérivés, les huiles entières minérales et l'amiante. Il est, de plus, difficile de leur trouver des produits de substitution ou de mettre en place des dispositifs de protection collective (très chers). Ils peuvent être exposés à des agents biologiques par le contact de la peau avec des
eaux usées ou de l'humidité stagnante.

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Une autonomie assez élevée dans le travail

Si les ouvriers du BTP sont peu présents sur les chantiers le samedi, le dimanche et la nuit, ils travaillent, en revanche, en moyenne entre 35 et 40 heures par semaine. Ils sont peu concernés par la réduction du temps de travail, car seulement 54 % des entreprises (souvent de très petites) ont mis en place les 35 heures.

Cependant, les ouvriers du gros œuvre et du second œuvre subissent moins de contraintes de rythmes de travail que ceux des autres secteurs : possibilité de changer l'ordre des tâches ou de faire varier les délais, pouvoir de décision, peu de surveillance permanente de la hiérarchie (contrairement aux ouvriers des travaux publics), peu d'agressions verbales malgré des contacts fréquents avec le public.

De cette latitude dans les décisions découle une moindre exposition aux facteurs de risques psychosociaux et demande égale à celle des ouvriers des autres secteurs. De plus, l'ouvrier du BTP bénéficie d'un score de soutien social plus important : 24,4 contre 23,5 dans les autres secteurs d'activité.

De ce fait, une demande psychologique élevée, une latitude décisionnelle faible et un manque de soutien social ne concernent que 10 % des ouvriers du BTP (16 % pour les ouvriers des travaux publics) contre 16,3 % des autres ouvriers.

La situation des intérimaires du bâtiment est beaucoup moins enviable : ils sont soumis aux mêmes contraintes physiques et expositions, voire même davantage dans de nombreux cas, mais sans avoir pour autant la même latitude dans l'organisation du travail, ni le même pouvoir de décision.


Documents mis en ligne en novembre 2011

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