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Prévenir le fléau des vols sur chantiers

La FFB (Fédération Française du Bâtiment) compte 57 000 adhérents, dont 42 000 entreprises artisanales soit 2/3 des salariés et du chiffre d'affaires de la profession. Parmi les chantiers prioritaires de la profession, la sûreté des chantiers, devenue un enjeu majeur pour tous les professionnels du BTP. Détails avec François Asselin, Vice Président de la FFB

Les vols sur chantiers sont devenus un phénomène plus que préoccupant, à combien estimez-vous le volume des pertes chaque année ?
Effectivement les vols sur chantiers touchent désormais pratiquement toutes les entreprises ; des plus petites aux plus grandes avec des conséquences qui peuvent parfois s’avérer désastreuses.
Il n’y a pas de statistiques précises mais on estime le montant global des pertes à plus d’un milliard d’euros par an, entre la valeur des matériaux ou engins dérobés et les dégradations concomitantes.
Sans compter les retards de planning, ou les pertes d’exploitation induites par les vols…

Comment la FFB s’est-elle mobilisée pour aider ses adhérents ?
Nous nous sommes rapprochés depuis plusieurs années du Ministère de l’Intérieur pour entreprendre une démarche conjointe afin d’enrayer et de mieux prévenir les vols.
Notre conviction est que pour avoir une meilleure sûreté sur les chantiers, il faut agir ensemble et mettre tous les acteurs de l’acte de construire autour de la table : maître d’ouvrage, maître d’œuvre et entreprises du bâtiment quel que soit leur corps d’Etat.
Nous avons signé une première convention avec le Ministère de l’Intérieur en avril 2008, convention qui a été renouvelée en janvier 2013.

Vous préconisez d’ailleurs une méthodologie pour mieux assurer la sûreté de leurs chantiers ?
Nos actions visent à sensibiliser aussi bien les maîtres d’ouvrage que les entreprises du bâtiment
Nous préconisons une méthodologie basée sur un dialogue actif et constructif avant le démarrage du chantier.
Ainsi, dès l’appel d’offres, nous souhaitons que les maîtres d’ouvrage intègrent les impératifs de sûreté dans le cahier des charges.
Puis, avant le démarrage du chantier, il est indispensable d’établir un diagnostic de sûreté avec le référent sûreté de la Préfecture du département concerné. Ce diagnostic permettra de graduer les moyens à mettre en œuvre en fonction du contexte sécuritaire du lieu du chantier.
L’implication des forces de sécurité publique est indispensable mais pour cela, il faut les informer en amont.
Ce diagnostic permettra ensuite de déployer des moyens de sûreté appropriés que ce soit à travers le contrôle d’accès, la vidéosurveillance, la mise en place de locaux sécurisés.
Parfois le bon sens et le dialogue permettent de trouver des solutions simples et accessibles, le résultat est là si tous les acteurs du chantier se responsabilisent et coopèrent.

La sûreté, ce n’est pas encore un réflexe dans le BTP ?
C’est effectivement une problématique qui est apparue récemment et qui a pris une dimension impressionnante en très peu de temps. Beaucoup d’entreprises sont désarmées. Les messages ont encore du mal à passer, il faudra encore quelques années pour que la dimension sûreté soit systématiquement intégrée. Mais je suis confiant ◊ il y a une dizaine d’années, personne ne croyait à l’utilité de la coordination SPS, aujourd’hui tous les acteurs de la construction reconnaissent son bénéfice.

 

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