
AGEMETRA / AST GRAND LYON
Jean-Charles BEYSSIER
Responsable Rhône Prévention Santé Travail
"La manière dont
on appréhende la santé
au travail change".
Vous êtes le responsable d’une structure originale créée par l’AGEMETRA et l’AST Grand Lyon. Pouvez-vous nous parler de cette entité ?
Rhône Prévention
Santé Travail est la
manifestation d’un engagement
commun de l’AGEMETRA
et de l’AST GRAND LYON
(Services de Santé
au Travail du Grand Lyon)
en faveur de la prévention
des risques professionnels.
La structure a été
créée dans une
optique de partage de compétences
pluridisciplinaires. Nous
regroupons des personnels
qui interviennent, sur sollicitations
exclusives des médecins,
auprès des salariés
et des entreprises. Nous avons
trois missions principales
: développer des actions
de prévention dans
les entreprises, accompagner
individuellement certains
salariés (orientation
vers un soutien psychologique,
recherche de solution pour
le maintien dans l’emploi…)
et répondre aux demandes
bibliographiques et documentaires.
Rhône Prévention
Santé Travail intervient
dans l’ensemble du Grand
Lyon, auprès des adhérents
d’AGEMETRA et d’AST
Grand Lyon : 33 000
entreprises adhérentes
suivies par près de
200 médecins du travail.
Pourquoi une telle structure transversale à l’AGEMETRA et l’AST ?
Nous assistons actuellement
à une évolution
de l’activité
des Services de Santé
au Travail. Depuis la loi
de modernisation sociale de
2002, ces derniers doivent
devenir pluridisciplinaires
et intervenir davantage dans
les entreprises. Si cette
mission de conseil et d’accompagnement
des entreprises faisait déjà
partie des missions des services
de santé au travail,
il était nécessaire
d’élargir les
équipes pour compléter
l’approche des médecins
du travail, déjà
fort occupés à
assurer les consultations
médico-professionnelles
et le suivi des salariés.
La plupart des services ont
donc recruté des personnels
aux compétences complémentaires
à celles des médecins
du travail : ergonomes, psychologues,
préventeurs, assistantes
sociales… AGEMETRA
et AST Grand Lyon ont fait
le choix de partager ces compétences
et de mutualiser leur service
pluridisciplinaire. La mise
en commun des hommes et des
moyens permet d’intervenir
d’autant plus efficacement
dans les entreprises.
Comment voyez-vous l’avenir de votre profession ?
Les Services de Santé au Travail sont appelés à intervenir davantage au niveau du collectif. Je m’explique : la priorité a longtemps été donnée à la visite médicale et au suivi individuel du salarié. Avec l’ouverture des services à d’autres disciplines et compétences non médicales, nous allons multiplier les démarches de prévention des risques plus en amont. Notre approche va concerner l’entreprise dans son ensemble : sensibilisation aux risques, accompagnement dans des démarches de prévention et dans les évolutions des organisations du travail, formation des salariés et de l’encadrement…Cette évolution est bien entendu liée à la réforme de la médecine du travail, mais pas seulement. C’est la manière dont on appréhende la santé au travail dans son ensemble qui change. Les évolutions du contexte législatif et réglementaire sous l’influence de l’Europe tendent à réaffirmer la dimension « santé publique » de la santé au travail. Nos services suivent cette tendance.
Cette évolution a-t-elle un lien avec votre engagement auprès de Préventica ?
Oui bien sûr. Nous nous positionnons de plus en plus en tant que partenaire des entreprises. Notre mission évolue vers un accompagnement plus global des salariés et des entreprises. Il nous faut donc communiquer dans ce sens. D’où notre présence sur le salon Préventica. Nous souhaitons montrer aux entreprises que nous pouvons, tout en restant indépendant, être un véritable partenaire qui les aide à assumer leur responsabilité en matière de santé et de sécurité de leurs salariés. Et puis, le rendez-vous de Lyon sera l’occasion d’expliquer l’évolution des services de santé au travail : présents dans toutes les entreprises de France, nous avons une proximité unique avec les salariés et les structures qui les emploient. Nous sommes amenés à nous affirmer comme un maillon essentiel entre les politiques de santé publique et les entreprises.
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