Objectif zéro-pesticide pour préserver
la santé des agents techniques d’entretien des espaces verts
et des voiries
La 6e édition de la semaine pour les alternatives aux pesticides
qui vient de s’achever a porté un effort particulier à
la sensibilisation des agriculteurs bien sûr, mais aussi des jardiniers
et agents des collectivités aux risques liés aux produits
phytosanitaires et à la nécessité de réduire
leurs usages. Conscients des enjeux, les pouvoirs publics se mobilisent
et des avancées réglementaires sont d’ores et déjà
observées en la matière.
La réduction de l’usage des pesticides pour l’entretien
des espaces verts et des voiries constitue un enjeu important pour la
préservation de l’environnement et pour la santé au
travail des agents. L’utilisation de tels produits chimiques représente
une faible part des usages en comparaison avec l’agriculture. Néanmoins,
l’impact sanitaire et environnemental est réel et nombreuses
collectivités, accompagnées par l’Agence de l’eau
se mobilisent et testent déjà le « zéro pesticide
» (Lyon, Dijon, Grenoble, Fenay en Côte d’Or, Murviel-les-Béziers
dans l’Hérault….). Si la démarche convainc,
sa mise en œuvre implique une organisation différente des
services et un réel engagement. La question qui prévaut
est assurément de savoir si elle est viable en terme de coût
financier et de moyens humains à disposition.
L’impact sanitaire de l’utilisation des pesticides pour les
personnels de l’entretien de la voirie et des espaces verts est
de plus en plus souvent pointé du doigt, au même titre que
pour les agriculteurs. Le lien entre usage de pesticides et risque de
maladies graves fait encore débat, mais nombre d’élus
s’intéressent déjà à la question. On
sait que les pesticides, herbicides, fongicides… sont des Polluants
Organiques Persistants qui restent dans l'environnement et sont potentiellement
dangereux pour la santé. On évoque des risques d’intoxications
(par voie cutanée, conjonctivale, par inhalation ou ingestion),
la survenue de cancers liés aux molécules actives contenues
dans ces produits chimiques (prostate, testicules, sein, ovaires, peau,
tumeurs cérébrales, …), de pathologies neurotoxiques
et troubles neurocomportementaux, d’effets sur la reproduction et
le développement…
Le pari d’une réduction voire même d’une suppression
totale des pesticides est possible, comme l’atteste les expériences
réussies sur l’ensemble du territoire national, à
condition d’être innovant : adaptation de matériels
déjà existants et transformés pour désherber,
utilisation du désherbage thermique à mousse pour «
cuire » les mauvaises herbes… Le développement de solutions
préventives permet de limiter ensuite le recours aux pesticides
: repenser la conception des aménagements, privilégier le
paillage et opter pour des plantes couvre-sol, opter pour des espaces
de fleurs et autres plantes champêtres…
Ce qui est sûr c’est que les moyens humains mis en œuvre
sont, dans tous les cas, supérieurs et que l’entretien est
plus long : arracher les mauvaises herbes plutôt que vaporiser un
produit biocide prend plus de temps ! Des astuces se multiplient pour
limiter l'augmentation du prix de revient global, mais il est difficile
de maintenir les budgets à l'identique si les objectifs de résultats
restent les mêmes. Les communes vont devoir faire un choix. Ne plus
utiliser de pesticides c'est aussi accepter de laisser plus de place à
la nature : un peu d’herbe entre les pavés, des pissenlits
sur certaines pelouses et quelques mauvaises herbes le long des murs par
exemple.
Des études ont démontré que de tels agissements ne
choqueraient pas les citoyens sensibilisés autant à l’environnement
qu’à leur santé au travail.
Plus d’infos :
http://www.eaurmc.fr
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